La vente en vrac est aujourd’hui en plein développement en France. Le marché du vrac pèse 1,2 milliard d’euros en France pour 0,75% du marché des produits de grande consommation. Le nombre d’épiceries spécialisées s’élèvent à près de 400, alors qu’elles n’étaient que 18 en 2015 (source : Réseau vrac).

Petit rappel : la vente en vrac c’est la vente de produits non pré-emballés.
Ainsi les fruits, les légumes et tous les produits qui s’achètent à la coupe tels que le fromage, la crèmerie, la charcuterie et la boucherie, sont du vrac. On parlera de « vrac frais ». Et pour les produits des épiceries vrac spécialisées et les rayons des magasins bio et conventionnels, on parle de « vrac hors frais ». Donc il s’agit de tout le reste des produits comme le riz, les farines, les huiles, les céréales, les épices, les boissons, les produits d’entretien, les cosmétiques, etc.

Marché du vrac et zéro déchet

En France, plus de 7 millions de tonnes de déchets sont jetés chaque année tout le long de la chaîne alimentaire. Le tiers de ces déchets est représenté par les emballages alimentaires. Chaque ménage jette en moyenne 10 emballages par jour soit 24 millions de tonnes d’ordures ménagères par an. Contre 22 millions de tonnes de déchets issus des petites entreprises ou commerces. Le coût de gestion des déchets d’emballages est de 1 88 milliards d’euros par an en France pour 12 797 millions de tonnes d’emballages (ménagers et industriels).

Le marché de la distribution en vrac vise à limiter les déchets en supprimant les emballages. Ce mode de distribution répond à de nombreuses préoccupations des français. Il nous permet d’adapter les quantités achetées à nos besoins réels. Mais aussi de réduire les déchets d’emballage jetables tout en utilisant des contenants réutilisables.

Des consommateurs en demande

Le développement de l’offre est porté par une montée en puissance de la demande. Si le vrac ne représente encore que 0,5 % du marché de l’alimentation, il séduit de plus en plus de Français. En effet, 47 % des consommateurs assurent qu’ils ont acheté en vrac au cours de l’année (source : Kantar, mai 2019).

59 % d’entre eux sont des « consomm’acteurs » concernés par le développement durable. 57 % sont des suiveurs de tendances.
Ces consommateurs sont sensibles à l’environnement. Ils achètent plus souvent du bio, des produits équitables et locaux. La plupart veut se faire plaisir en découvrant des produits alliant qualité, écologie et expérience.
Ils se laissent tenter aussi par la liberté – le pouvoir – de se servir eux-mêmes. Le vrac présente l’avantage de pouvoir acheter exactement la quantité d’aliments dont on a besoin et d’éviter ainsi le gaspillage alimentaire.

« Le vrac séduit tous les types de population, tous les âges, tous les milieux sociaux », selon Célia Rennesson, directrice de l’association Réseau Vrac. Ce type de commerce répond toujours au moins à un besoin. Par exemple, les personnes âgées en quête de lien social, les étudiants à petit budget, les personnes à la fibre écologique, ceux qui trouvent ça ludique, ou celles qui cherchent à faire des économies…

Moins de déchets, moins de gaspillage alimentaire et moins de dépenses. La démarche attire ainsi de plus en plus de consommateurs français.

Les produits en vrac

Au départ, il n’y avait uniquement les classiques, les denrées sèches, les pâtes, fruits secs, mais aujourd’hui on trouve de la lessive, des produits ménagers et même des croquettes pour animaux. Les catégories non-alimentaires », tels les cosmétiques et détergents, se développement d’ailleurs fortement.

Parmi les catégories les plus consommées figurent les oléagineux (achetés par 58% des foyers), les fruits secs (51%), les légumineuses (30%), les graines (29%) et les céréales à égalité avec le riz (25%).

Parmi les produit les plus achetés en vrac on retrouve :
– les pâtes sous différentes formes et origines
– les mélanges apéritif
– les mueslis
– les biscuits
– le sucre
– le café et le thé
– les chocolats et confiseries

A noter tous les produits ne se vendent pas en vrac du fait de freins réglementaires, techniques et économiques.
Par exemple, l’huile d’olive est interdite à la vente en vrac au niveau européen. Les produits secs sous signes officiels de qualité (Label Rouge, IGP ou AOP/AOC) ont des cahiers des charges qui ne prévoient pas leur vente en vrac.
Pour les produits fragiles comme la compote, ou les boissons végétales, il n’y pas encore de dispositif permettant le self-service. En effet, ces produits nécessitent des conditions d’hygiène plus strictes.

Heureusement, des solutions peuvent être proposées pour faciliter la bonne distribution des produits dans des conditions d’hygiène irréprochables. En effet, de nombreuses innovations dans les équipements dédiés au vrac sont en cours de développement.

Le vrac est globalement moins cher, entre 5 et 15% de moins que les produits emballés. En effet l’absence d’emballage réduit les coûts marketing. Certains produits sont cependant parfois plus coûteux, comme le miel, car ils sont souvent bio et issus de circuits courts. Donc, de meilleure qualité.

La distribution des produits en vrac

Le vrac est présent quasiment partout, que ce soit dans les magasins spécialisés vrac indépendants ou en réseau comme Day by Day, les magasins bio, ou dans les hypermarchés et les supérettes. C’est un phénomène qui touche quasiment tout le secteur de la distribution. Il y a ainsi les épiceries spécialisées dans le vrac dont c’est le métier. Et pour tous les autres, cette activité reste marginale, aussi bien pour la GMS, que pour les réseaux spécialisés bio où le vrac ne dépasse pas 10 % du chiffre d’affaires.

Le marché du vrac se partage ainsi entre :
– les boutiques spécialisées (5%)
– les magasins bio (45%), dont 88% sont équipés d’un rayon vrac
– les grandes surfaces alimentaires (50% restants), dont 70% possèdent un coin dédié au vrac (généralement au rayon bio)

De nouveaux modèles font leur apparition pour mieux s’adapter aux habitudes de consommation des Français. On trouve par exemple des drives ne proposant que des produits préparés en vrac.

Le marché de la distribution des produits en vrac est riche en opportunités. A la fois pour les commerçants souhaitant développer une activité dédiée. Mais aussi pour les producteurs souhaitant adapter le conditionnement de leurs produits.

L’essor du marché du vrac va bouleverser les habitudes.

Les marques vont devoir repenser leurs discours dans ce contexte. Les fabricants devront revoir leurs lignes de production, leurs documents techniques, leur logistique, etc..
Une toute nouvelle ère de consommation, plus responsable, arrive !

L’une des premières questions que l’on se pose quand on décide de se lancer dans le vrac est : où trouver des produits en vrac, près de chez moi ? Ce mode d’achat qui pourtant existe depuis la nuit des temps, revient petit à petit dans notre paysage. Même si le territoire n’affiche pas encore un maillage très dense, les nombre de magasins proposant du vrac – exclusivement ou en partie – ne cesse d’augmenter.

Des modèles différents, implantés à différents endroits et qui n’offrent pas les mêmes produits ni les mêmes services. A chacun son alternative préférée ! Les magasins spécialistes combinent une offre large avec de la proximité, du service, une connaissance produits, des produits de qualité et différenciant. La grande distribution propose une offre plus réduite, mais à plus large échelle.

Voici les types de magasins en vrac que vous pourrez trouver près de chez vous.

Le Comptoir & Co / Biocoop / Grande surface / On part en vrac

Les magasins spécialisées en vrac : la tête de proue du mouvement

En France, on compte à ce jour près de 360 épiceries spécialisées dans la vente en vrac. La plupart d’entre elles ont été créées et sont gérées par des indépendants. Un grand nombre se positionne prioritairement sur des produits bio et locaux (400 références en moyenne). Parmi ces points de vente, on trouve aussi les Day by day. Day by day est à l’heure actuelle la seule franchise (avec 60 adresses en France), mais des enseignes comme Mademoiselle Vrac et Mamie Mesure se développent sous la forme de licences de marque ou de franchise.

Les magasins en vrac maillent petit à petit le territoire. Les régions qui comptent le plus d’épiceries vrac sont les Hauts de France, Pays de la Loire, Nouvelle Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes. Et, pas uniquement dans les grandes villes.

Autour de chez moi, on retrouve notamment : La Bonne Pioche à Grenoble, Mont Vrac à Voiron, Le Comptoir @Co à La Côte Saint-André

Les magasins bio : l’offre historique

Plus de 80% des magasins bio disposent d’au moins un rayon vrac (hors fruits et légumes – avec 150 références en moyenne). Un taux d’équipement qui paraît logique. En effet, les deux démarches se superposent. Les clients du vrac achètent plus de produits bio ou équitables que la moyenne des consommateurs français. Ce qui fait des magasins bio le plus important réseau de distribution spécialisée en vrac (2700 points de vente dont 44 % d’enseignes nationales, 38% d’indépendants et 18% de groupements). On y retrouve notamment : Biocoop, La vie claire, Les Nouveaux Robinson

Les supermarchés : le mass vrac

Petit à petit, les grandes surfaces se sont mises à proposer du vrac (40% disposent d’un rayon vrac avec 56 références en moyenne, là aussi souvent en bio). Est-ce sous la demande des consommateurs ou sur des marges qui seraient plus importantes que pour des produits identiques vendus sous emballages classiques. Les deux ?

Dans tous les cas, ça fonctionne puisque aujourd’hui elles représentent 50% du chiffre d’affaires du secteur. C’est une bonne chose. Cela signifie que le zéro-déchet ne concerne plus que les idéalistes !
Le vrac sort de sa niche. Même si on est loin ici de l’offre de proximité que l’on peut retrouver chez les épiceries spécialisées.
Peut-être les supermarchés coopératifs et collaboratifs arriveront à relever le défi !

Le vrac ambulant : au coeur des campagnes

A l’image des camionnettes qui sillonnaient nos campagnes il y a plusieurs décennies, l’épicerie ambulante renaît.
Et désormais avec une dimension responsable, en plus du lien social qu’elle entretient. Plusieurs « vendeurs itinérantes » de produits en vrac sillonnent aujourd’hui les villages et les marchés des zones rurales.
Près de chez moi, on retrouve Vrac en Chartreuse en Chartreuse et Vanavrac dans le Vercors.

Le vrac en ligne : drive et livraison

En fait, il faut plutôt parler de « courses en emballages consignés ». En effet, en ligne la quantité est nécessairement prédéfinie (sur la grande majorité des sites de vente en ligne de vrac). Les produits sont donc pré-emballés par les commerçants eux-même.

Le monde du e-commerce évolue constamment. Nous consommons de plus en plus en ligne. On y trouve de tout, de partout… et pourtant aussi du bon ! Les producteurs, les artisans, les petits commerçants utilisent de plus en plus l’outil pour vendre et répondre à l’attente de leur clientèle. Généralement pas en remplacement dans la visite en magasin, et des échanges que nous sont si chers, mais en complément.

Les récentes études prévoient encore une forte augmentation de ce mode d’achat dans les années à venir. Dans ce contexte, pas question de laisser les grands manie-tout s’accaparer ce marché et détruire les petits e-commerce. Des solutions plus écologiques pour les livraisons ou retraits de proximité existent et doivent s’imposer. Le zéro-déchet doit aussi exister en ligne et en drive.

Une soixantaine de magasins en vrac proposent du drive ou de la livraison en point relai ou à domicile – souvent en vélo – en France. Certains points de ventes existants se sont spécialisés et d’autres se sont créés sur une offre exclusivement en vrac comme Aux Petits Grains à Grenoble, Mes courses en vrac à Crolles, Le Drive Tout Nu vers Toulouse…

Carte interactive

Retrouvez la carte interactive des magasins en vrac sur Réseau Vrac.